La fusion des régions et la question de l'endettement


Communiqué · 14.06.2016

Dans son dernier communiqué, l’Assemblada Nacionala Occitana considérait que le débat autour du futur nom des nouvelles régions était un rideau de fumée répandu pour cacher les problèmes coutumiers de la gestion des collectivités locales par le marché-Etat-nation français : décisions administratives arbitraires, manque de démocratie, défaut de consultation des populations citoyennes, absence d’autorité politique avec une grande autonomie, faiblesse économique ou d'une pensée économique pour les nouvelles régions, nombreux problèmes budgétaires...

 

La question de l’endettement des régions est un exemple typique de ces manoeuvres technocratiques et financières que l'ANOC dénonçait : un document de l’Agence Décomptes Publics montre que grâce à la fusion, les dettes de certaines régions (qui étaient graves) baisseront, et que celles d'autres régions (qui étaient légères) augmenteront.

 

D’une manière générale, si la dette d'une région est très importante, c'est à cause d'une mauvaise gestion de l'argent public par les conseils régionaux et les élus des partis jacobins —de toutes les couleurs— au pouvoir de la décentralisation en Occitanie ; une dette faible prouve qu'une gestion meilleure était possible. Ainsi avec la fusion, dans une logique parfaitement jacobine, les populations des régions financièrement stables paieront les incompétences politiques et administratives des conseils régionaux voisins.

 

C'est le cas pour la région Midi-Pyrénées qui hérite de la gestion financière catastrophique de la région Languedoc-Roussillon. Idem pour l'Aquitaine qui hérite de celles du Limousin et du Poitou-Charentes. Ce sera pour Toulouse comme pour Bordeaux le prix du recentrage des pouvoirs des nouvelles régions dans ces villes.

 

Le seul gagnant de ce calcul obscur sera le gouvernement de l'État français qui règle ainsi un problème épineux vu que les équipes responsables de la mauvaise gestion des régions de Languedoc-Roussillon, Limousin et Poitou-Charentes sont du même parti politique que la majorité actuelle au pouvoir parisien. Il en aurait été de même quel que soit le parti jacobin.

 

A ce titre, dans son rapport sur l'état de la démocratie locale en France, le Conseil de l'Europe a critiqué l'État français sur la fusion des régions en dénonçant le manque de consultation auprès des représentants des collectivités territoriales, la trop faible sollicitation des représentants d'associations de pouvoirs locaux et aussi le chevauchement des compétences entre les régions qui ont fusionné.

 

L’ANOC assume une pensée politique libre et préconise donc de véritables entités régionales, avec des identités culturelles, linguistiques et historiques, une gestion autonome et un milieu politique local éloigné des calculs des partis jacobins.

 

Nous voulons des régions qui servent d'interlocuteurs locaux au pouvoir central et non de faire-valoir des politiciens parisiens.

 

Ainsi nous voulons notre propre fiscalité et le désengagement fiscal de l'État centraliste qui prouve qu'il ne sait pas gérer l'argent public de la décentralisation.

 

Nous sommes pour une constitution démocratique dans toutes les régions occitanes, avec l'assentiment de toute la population de l'Occitanie : une manière de demander une réelle réforme nouvelle et sérieuse sur le découpage régional et la loi "NOTRe" (Nouvelle Organisation Territoriale de la République).

 

 

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