Crise de l’occitanisme: où en sommes-nous et comment repartir? [2ème partie]


Dossier préparé par Ciril JOANIN, Fèbus ABELHÈR et Domergue SUMIEN.

Ce texte engage ses trois auteurs et pas nécessairement tous les membres de l’ANOC. Il est destiné à la réflexion et la discussion.

Dossier · 24/07/2018

2. La crise actuelle de l’occitanisme (années 2010...)

 

2.1 La fin du Temps Trois

 

La vague du Temps Trois a permis encore quelques avancées importantes au début des années 2010. En 2012 en particulier:

  • le média Jornalet est apparu pour renforcer le journalisme en occitan sur Internet;
  • la manifestation Anem Òc de Toulouse a obtenu un record de plus de 30 000 personnes;
  • Le festival occitan de l’Estivada de Rodez a presque atteint les 100 000 visiteurs.
La manifestacion Anem Òc de Tolosa, en 2012, rassemblèt mai de 30 000 personas e foguèt un succès inegalat.
La manifestacion Anem Òc de Tolosa, en 2012, rassemblèt mai de 30 000 personas e foguèt un succès inegalat.

Malgré ces derniers succès, le début des années 2010 coïncide aussi, et surtout, avec la fin du Temps Trois de l’occitanisme. Le premier à l’avoir dit clairement est l’occitaniste Terric Lausa dans de belles réflexions qu’il a publiées en 2016. À sa suite, Domergue Sumien a proposé quelques articles de fond dans Jornalet le 18 janvier 2016 et le 22 février 2016.

 

 

Nous sommes donc de nouveau dans une grave crise qui se caractérise par :

 

  • un manque de force dans la récupération sociale de la langue occitane,
  • un vieillissement des militants occitanistes,
  • un manque de jeunes,
  • un manque d’ambition,
  • une éternisation des vieux schémas qui ne fonctionnent pas,
  • une impossibilité d’imposer un rapport de force,
  • un poids faible dans l’opinion,
  • des attaques croissantes contre l’enseignement de l’occitan,
  • une faiblesse face à la réforme territoriale de 2015 qui a affecté les régions occitanes,
  • un affaiblissement de certains festivals occitans (l’Estivada de Rodez a perdu ses organisateurs occitanistes en 2016).

 

Autre indice grave de la crise : de nombreux mouvements politiques jeunes, apparus pendant le Temps Trois, sont devenus peu à peu inactifs durant les années 2010 (Linha Imaginòt, Courant Révolutionnaire Occitan — rebaptisé Libertat —, Gardarem la Tèrra, Iniciativa per Occitània, Hartèra, Occitània Libertària, Paratge).

 

 

 

Cette nouvelle crise met en évidence certains éléments très inquiétants.

 

  • L’usage social de l’occitan continue de reculer. L’occitanisme est incapable de compenser la perte des locuteurs primaires (dits « locuteurs naturels ») par une augmentation suffisante des néolocuteurs. Il est incapable de généraliser un lien fécond entre les deux catégories de locuteurs qui, souvent, s’ignorent mutuellement. Les locuteurs primaires sont de plus en plus isolés, vieux et près de la disparition, et peu d’entre eux ont conscience de la valeur de leur langue. Ce sont avant tout les néolocuteurs, trop peu nombreux, qui s’interconnectent grâce à Internet et les réseaux sociaux et qui pensent l’occitan comme une langue moderne.
  • Les manifestations massives pour l’occitan, du label « Anem Òc », perdent en force et en unité, s’enfoncent dans les revendications timides et inefficaces et n’obtiennent pas d’amélioration significative de l’usage de l’occitan. La dernière « grande » manifestation à Montpellier, en 2015, laissait entrevoir le vieillissement, la baisse des militants, les divisions en chapelles et l’ultralocalisme de quelques dirigeants occitanistes (surtout bloqués dans leurs petits intérêts languedociens et béarnais à court terme).
La dernière manifestation du collectif Anem Òc, à Montpellier en 2015, a été honorable mais elle a montré une baisse de la mobilisation avec 15 000 personnes au maximum.
La dernière manifestation du collectif Anem Òc, à Montpellier en 2015, a été honorable mais elle a montré une baisse de la mobilisation avec 15 000 personnes au maximum.

  • La sociolinguistique du conflit, impulsée par Robert Lafont, est la science la plus adéquate pour sauver une langue ; elle reste scandaleusement marginale dans la linguistique occitane et dans les universités d’Occitanie (le peu de sociolinguistique universitaire est presque monopolisé par les études franco-françaises). Si l’occitanisme a réussi à conscientiser partiellement une grande partie de l’Occitanie et à faire disparaître progressivement la honte de parler occitan, il y a encore trop de gens qui revendiquent le bilinguisme occitan-français quand, en réalité, le bilinguisme fait avancer le français et fait reculer l’occitan. Rares sont les associations occitanes qui mènent des activités exclusivement en occitan. La plupart continuent d’employer le français par paresse ou par peur d’être accusées de sectarisme.
  • L’enseignement de l’occitan n’arrive pas à se développer de manière décisive. Les écoles occitanes Calandretas ont des implantations régionales inégales (elles sont présentes surtout en zone gasconne et languedocienne) et la grande majorité de leurs élèves (les calandrons) cessent de parler occitan quand ils en sortent. Peu de calandrons alimentent les rangs des nouveaux occitanistes. L’enseignement public de l’occitan est de plus en plus menacé par des suppressions de moyens ou des postes, par des liquidations de sites bilingues, par une interdiction de l’occitan dans certaines filières et dans certains territoires, par un sabotage fréquent venant de la hiérarchie...
  • Certains courants occitanistes demeurent minimalistes, inefficaces et manquent d’ambition (même s’ils partent d’une volonté sincère de défendre l’occitan). C’est le cas du populisme anti-universitaire d’Yves Rouquette. C’est aussi le cas de la décentralisation culturelle de Félix-Marcel Castan et du mouvement Linha Imaginòt, qui croient naïvement en une Occitanie française quand, en réalité, l’État français montre de plus en plus de mépris envers l’occitan. Les pensées d’Yves Rouquette et de Félix-Marcel Castan ont engendré une grande partie des blocages actuels, symptomatiques de la faiblesse de l’occitanisme.
  • La norme classique de l’occitan est déstabilisée, le Conseil de la langue occitane (CLO) est paralysé depuis 2007, de nouvelles « académies » pullulent et accentuent le désordre.

Yves Rouquette (1936-2015), même si c'était un écrivain reconnu et un militant sincère, a tenu un rôle obscure quand il s'est violemment opposé à Robert Lafont et à l’occitanisme “universitaire”. La tendance dite “populiste” d’Yves Rouquette a causé la scission de l’IEO en 1980-81 et la crise de l’occitanisme des années 1980.

Félix Marcèl Castan (1920-2001) a encouragé la création culturelle en Occitanie et s'est engagé contre le centralisme parisien. Il a inspiré beaucoup d'occitanistes pendant le Temps Trois, principalement le mouvement Linha Imaginòt. Mais son anti-indépendantisme et sa défense naïve d'une “Occitanie française” l’ont empêché d'analyser clairement la domination française.


2.2. La destabilisation de la norme linguistique

 

De fait, nous retombons dans un localisme égoïste, dans la fragilisation de la langue normative et dans une absence de stratégie pour l’ensemble de l’Occitanie.

 

L’exemple le plus emblématique est l’arrêt forcé du Conseil de la langue occitane (CLO) en 2007 à cause de pressions hostiles et de tensions croissantes, provenant notamment de l’Institut d’Études Occitanes (IEO) et son président David Grosclaude.

 

Même s’il était l’un des cofondateurs du CLO, l’IEO a tenté d’en sortir en 2002 pour fonder un organisme concurrent nommé Académie Occitane ; malgré quelques tentatives d’accord renouvelé de collaboration et de reconnaissance mutuelle, les négociations n’ont abouti à aucun accord.

 

Le CLO avait bien fonctionné de 1996 à 2001. À cause des pressions hostiles, il a survécu de 2002 jusqu’en 2007. Il a publié en 2007 la synthèse de son travail normatif, puis est entré en sommeil forcé.

 

Dans cette affaire, David Grosclaude a tenu un rôle très négatif : en fragilisant le CLO, il a fragilisé aussi la codification de la langue. On peut établir une filiation idéologique entre Yves Rouquette et David Grosclaude.

  • À la fin du Temps Deux (entre 1975 et 1980 environ), Yves Rouquette et la tendance « populiste » de l’IEO avaient déjà déstabilisé la norme classique au sein de l’IEO lui-même. De fait, à partir de la fin des années 1970, les « populistes » pensaient que la norme de l’occitan était un attribut des « universitaires » et multipliaient volontairement les publications qui sortaient de la norme.
  • De la même manière, à la fin du Temps Trois (de 2002 à 2007 environ), David Grosclaude et la direction de l’IEO ont exercé une pression hostile à l’encontre du CLO, ils ont arrêté de le soutenir et l’ont empêché de fonctionner sereinement. Ainsi, David Grosclaude et ses acolytes ont renouvelé un discours « populiste » de méfiance à l’encontre des « universitaires ». Et la diffusion de la norme classique s’est à nouveau fragilisée.

À présent, dans les années 2010, il y a trop peu d’institutions qui défendent la norme de l’occitan. Le Conseil de la langue occitane (CLO) reste la seule référence sérieuse même si elle est entrée en paralysie totale après 2007. L’antinormisme reste trop présent à cause:

  • du manque de perspectives pour l’occitanisme,
  • du manque d’ambition pour les fonctions sociales de la langue occitane (une langue sans norme est une langue sans ambition sociale, une langue de résignation, limitée à un usage subalterne).
  • de la force d’inertie,
  • de la paresse intellectuelle de certains dirigeants occitanistes,
L’Académie Occitane, le Congrès Permanent de la Langue Occitane et l’Institut d’Études Aranaises font partie des nouvelles “académies” qui déstabilisent le travail antérieur du Conseil de la Langue Occitane.
L’Académie Occitane, le Congrès Permanent de la Langue Occitane et l’Institut d’Études Aranaises font partie des nouvelles “académies” qui déstabilisent le travail antérieur du Conseil de la Langue Occitane.

2.3. La création artistique occitane, une histoire de rendez-vous manqués

 

Les crises chroniques de l’occitanisme ne s’expliquent pas seulement par des facteurs externes défavorables, mais aussi, et même surtout, par des handicaps latents et des erreurs stratégiques commises même pendant les temps d’accélération. 

 

 

 

L’occitanisme a toujours souffert d’un retard et d’un manque de moyens financiers à tous les niveaux, résultant régulièrement des choix hasardeux de ses militants. Par snobisme élitiste, l’occitanisme a souvent manqué son rendez-vous avec le peuple. Il est resté en partie passéiste, enfermé dans le souvenir d’un passé glorieux, en retard sur la mode, en dehors de la vie réelle et des préoccupations populaires.

 

 

 

À l’époque où l’occitan était encore parlé dans la rue, les occitanistes ont négligé de collecter assez d’enregistrements des locuteurs primaires (dits « locuteurs naturels ») pour pouvoir les diffuser massivement dans les radios et en faire un support pédagogique solide pour l’enseignement de l’occitan.

Claudi Martí, un chanteur emblématique de la “nouvelle chanson occitane" pendant le Temps Deux, dans les années 1970.
Claudi Martí, un chanteur emblématique de la “nouvelle chanson occitane" pendant le Temps Deux, dans les années 1970.

Dans les années 1970, la « nouvelle chanson occitane », même si elle était en pleine dynamique créatrice, s’est éloignée du peuple et s’est marginalisée en privilégiant le fond à la forme. Comme l’analyse bien le musicien Jérôme Picques, cela a entraîné la profusion de chansons occitanes engagées avec des textes de qualité ; mais elles ont souvent été pénalisées par un style musical passéiste et déconnecté de la mode du moment (rock, pop, disco, funk…), par une absence cruelle de stratégies commerciales et par une qualité particulièrement médiocre d’enregistrement et de doublage. L’amateurisme des créateurs apparaissait clairement, condamnant ainsi la chanson occitane à l’anonymat et à la non-programmation dans les radios pour des raisons d’esthétique.

 

 

 

Dans les années 1980, l’occitanisme n’a pas profité de la légalisation et du développement des radios libres pour démocratiser l’usage de la langue et la rendre accessible et omniprésente à l’oreille du peuple de toute l’Occitanie, qu’il soit ou non occitanophone. Les occitanistes ont préféré limiter la langue au domaine écrit dans des cercles culturels, littéraires et élitistes. Quelques radios occitanistes locales ont fait exception cependant, comme Ràdio País, Ràdio Albigés, Ràdio Occitània e Ràdio Lenga d’Òc.

FMR a été une des nouvelles radios libres qui se sont développées dans les années 1980. L’occitanisme ne s'est pas assez implanté dans ce mouvement de société, malgré quelques exceptions avec des radios occitanistes locales.
FMR a été une des nouvelles radios libres qui se sont développées dans les années 1980. L’occitanisme ne s'est pas assez implanté dans ce mouvement de société, malgré quelques exceptions avec des radios occitanistes locales.

L’expansionnisme culturel du français en Occitanie, déjà favorisé par la pression du jacobinisme, a été facilité par l’incurie du mouvement occitaniste, dont la prise de conscience dans les années 1990 est intervenue trop tardivement. Alors que la chanson occitane, enfin, était en train de se mettre en phase avec la modernité et de proposer une production de qualité, l’audiovisuel avait déjà dépassé les radios, devenues entre temps professionnelles et avec une programmation désormais monopolisée par les groupes français et surtout anglo-américains.

Massilia Sound System, qui joue du raggamuffin, a été un groupe clé dans la modernisation de la musique occitane et dans la socialisation de la langue d’oc pendant les années 1990-2000 (Temps Trois).
Massilia Sound System, qui joue du raggamuffin, a été un groupe clé dans la modernisation de la musique occitane et dans la socialisation de la langue d’oc pendant les années 1990-2000 (Temps Trois).

Maintenant, la créativité en occitan ralentit. La littérature a de moins en moins de jeunes ou de nouveaux écrivains, peut-être parce que les jeunes maîtrisent moins bien l’expression de qualité en occitan. La diversification des styles de musique est incomplète. Nous avons acquis en occitan, trop tardivement, du rap, du jazz et, encore plus tardivement, du punk, du black metal et un petit peu d’électro. Il n’y a pas encore de groupes gothiques, ni de R’n’B, ni de dubstep en occitan. De plus, la création existante, à de rares exceptions, manque singulièrement d’imagination : elle se limite encore trop souvent à la reprise de chansons populaires récurrentes et propose rarement des textes nouveaux.

 

2.4. Un contexte politique toujours plus défavorable

 

Les autorités ne font pas ce qu’il faut pour sauver l’occitan.

 

2.4.1. En Aran

 

En Aran, territoire de langue occitane dépendant de la Catalogne, malgré les statuts et les lois nouvelles, l’usage de l’occitan baisse dramatiquement devant l’espagnol à cause d’une politique linguistique locale qui n’est pas assez exigeante pour l’occitan (toutefois, la migration croissante des Castillans qui y achètent des résidences secondaires en est un autre facteur). C’est principalement cela qui explique le succès électoral du parti Ciudadanos aux dernières élections en Catalogne en décembre 2017, faisant de l’Aran un bastion de l’unionisme espagnol.

Aux dernières élections autonomiques en Catalogne, le 11 décembre 2017, Aran a été un des rares territoires dans lesquels le parti unioniste espagnol Ciutadans a obtenu la majorité (image: AFP).
Aux dernières élections autonomiques en Catalogne, le 11 décembre 2017, Aran a été un des rares territoires dans lesquels le parti unioniste espagnol Ciutadans a obtenu la majorité (image: AFP).

2.4.2. Dans les Vallées

 

Dans les Vallées Occitanes (qui dépendent du Piémont et de la Ligurie), malgré un occitanisme méritoire, l’occitan se parle moins face à l’italien

 

2.4.3. À Monaco

 

À Monaco, il n’y a aucune politique favorable à l’occitan. En 1976, la Principauté de Monaco a rendu obligatoire l’enseignement du ligure monégasque à l’école primaire publique, puis privée en 1988, mais n’a rien fait pour sauver l’occitan.

 

2.4.4. Dans l’Occitanie Grande, dans l’État français

 

En Occitanie Grande — dans la partie de l’Occitanie qui dépend de l’État français —, le réveil des consciences est plus compliqué.

  • L’Occitanie est presque entièrement enclavée dans un État français ultracentralisé. La France s’isole de l’idée européenne de pluralisme linguistique. Ainsi, la plus grande partie de l’Occitanie en souffre énormément et se trouve dans une situation géopolitique bien pire. En étant emprisonnée dans l’État français, l’Occitanie subit le clientélisme parisien d’un grand nombre de médias, de politiciens ou de fonctionnaires. Le peuple d'Occitanie, qui subit la forte emprise du nationalisme français, ignore quels sont les désavantages de vivre dans un tel système.
  • En outre, les pouvoir publics sont de plus en plus hostiles : nous pouvons le voir avec les agressions croissantes contre l’enseignement de l’occitan et avec les promesses non tenues sous Sarkozy, Hollande et Macron.
  • La situation électorale témoigne de l’expansion du chauvinisme suprématiste français. Dans son communiqué du 9 avril 2018, l’ANOC dénonçait le danger que représentait l’extrême droite pour l’Occitanie. En effet, des régions occitanes entières sont devenues des « terres promises » pour l’extrême droite. Ainsi, depuis les années 1990, la Provence est un bastion du Front National ou Rassemblement National (FN ou RN). Le même parti d’extrême droite ultrajacobin se développe maintenant dans le Languedoc qui était traditionnellement de gauche. À côté des résultats électoraux croissants du FN, on voit apparaître dans toute l’Occitanie de plus en plus de groupuscules de droite radicale (identitaires, Action Française, Bastion Social, etc.).
L’implantation de l’extrême droite française, avec son chauvinisme français extrême, est une catastrophe morale qui illustre l’aliénation et la dépossession culturelle des populations occitanes.
L’implantation de l’extrême droite française, avec son chauvinisme français extrême, est une catastrophe morale qui illustre l’aliénation et la dépossession culturelle des populations occitanes.

  • À côté de la pression du chauvinisme français, il existe une multitude de mouvements régionalistes antioccitans, souvent soutenus financièrement par les pouvoirs locaux et affiliés aux partis parisiens.

   En région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le nouveau conseil régional, élu en 2015 et présidé par Christian Estrosi, puis par Renaud Muselier, a adhéré au discours propagandiste d’une officine pseudoprovençaliste qui promeut le sécessionnisme linguistique antioccitan (c’est-à-dire, qu’il prétend que le provençal ne ferait pas partie de l’occitan). Par conséquent, la région a diminué de 35 000 euros les subventions aux écoles occitanes Calandretas de Provence, tout en finançant à plus d’un demi-million d’euros un Observatoire de la langue provençale, structure inutile qui sert de centre de propagande antioccitane. Plus récemment, le 29 mars 2018, des élus locaux, encore influencés par la même officine, ont déposé une proposition de loi « relative à la reconnaissance de la langue provençale comme langue de France », donc distincte de l’occitan. Ce pseudoprovençalisme reste toutefois plus faible que l’occitanisme unitaire provençal, qui continue de garantir l’essentiel de la création et des cours d’occitan en Provence.

 

En Gascogne aussi, le sécessionisme linguistique antioccitan demeure actif, il obtient parfois des subventions locales mais, heureusement, il n'a pas pu arrêter le poids plus important de l’occitanisme gascon qui continue de recevoir des subventions plus importantes.

  • L’adoption du nom “Occitanie” par la nouvelle Région de Toulouse, issue de la fusion du Languedoc-Roussillon et du Midi-Pyrénées, pose des difficultés inédites. Avec le soutien de Carole Delga, présidente de la nouvelle région depuis 2015, le nom d’« Occitanie » a été popularisé dans l’administration et dans les médias, en le faisant confondre avec la seule Région de Toulouse ; or, cela a causé une fracture durable dans le milieu occitaniste, entre partisans et opposants du nom.
Une affiche qui soutient la nouvelle Région de Toulouse, appelée abusivement “région Occitanie” même si elle ne contient qu'un tiers de l'Occitanie réelle.
Une affiche qui soutient la nouvelle Région de Toulouse, appelée abusivement “région Occitanie” même si elle ne contient qu'un tiers de l'Occitanie réelle.
  • La situation de l’ensemble de l’Occitanie est comparable en dimension et en diversité à celle des Pays Catalans. L’Occitanie et les Pays Catalans forment deux nations qui seraient des États de taille moyenne en temps normal, mais que les aléas de l’histoire ont déchiré en plusieurs États. Ces deux nations ont aussi en commun d’avoir chacune une entité administrative étendue seulement sur une partie de leurs territoires nationaux : la région dite « Occitanie » et la Généralité de « Catalogne ». Mais, à l’inverse de la Généralité de « Catalogne », la région dite « Occitanie » représente une partie minoritaire (un tiers) du territoire national occitan et n’a pas de forte identité qui puisse porter le drapeau du peuple minorisé. Cette région utilise exclusivement le français et n’a pas le niveau d’autonomie de la Catalogne.
Issue de la fusion de Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, la nouvelle Région de Toulouse, abusivement nommée “Occitanie” (en bleu), représente seulement un tiers de l’Occitanie réelle (ligne rouge) et inclue un morceau des Pays Catalans.
Issue de la fusion de Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées, la nouvelle Région de Toulouse, abusivement nommée “Occitanie” (en bleu), représente seulement un tiers de l’Occitanie réelle (ligne rouge) et inclue un morceau des Pays Catalans.
Le logo de la nouvelle Région de Toulouse, abusivement nommée “Occitanie”, n'a pas de forte identité qui puisse porter le drapeau du peuple minorisé. De plus, elle utilise exclusivement le français dans sa communication publique.
Le logo de la nouvelle Région de Toulouse, abusivement nommée “Occitanie”, n'a pas de forte identité qui puisse porter le drapeau du peuple minorisé. De plus, elle utilise exclusivement le français dans sa communication publique.

 

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ASSEMBLADA NACIONALA OCCITANA

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13090 AIS DE PROVENÇA

Sit: www.assemblada.org

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